Poèmes

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Profession

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Poèmes Profession Cadavres Plis Funambule 2015 Méjan Excursion Profession J ‘aimerais photographier le vide Et dire ma gratitude À ces vastes espaces de peu À ces formes exaltées par la lumière oblique Ces fragments de mémoires Fragments de paysages enchâssés, voluptueux. Je voudrais photographier les odeurs Que tissent les herbes avec les vents Cueillir quelques images, conteur. Un mont, quelques collines, vallons Des couleurs et des lignes des sons Muets, qui se devinent, chansons. Des fleurs – humbles – qui brillent Un fleuve Et la rosée du cœur qui joliment irrigue L’instant.

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Cadavres

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Poèmes Profession Cadavres Plis Funambule 2015 Méjan Excursion Cadavres Je vous écris ce jour à la main à la mine Et les mots qui défilent sont autant de morceaux Des segments étriqués des courbes qui s’impriment Sur une feuille blanche… Que vous lirez un jour ? Peut-être ; je ne sais. Seront-ils égarés, ne sont-ils pas futiles ? Et vous, si vous lisez, qui diable êtes-vous ? Quelqu’un que je connais ? Que j’aimerais serrer Fort, contre ma poitrine Une amante, un ami, une inconnue qui chine Entre objets cabossés et rêves nostalgiques A moins que ce ne soit Rêves cabossés et objets nostalgiques… Peut-être sentirez vous cette odeur de poussière Ces parfums d’océan de fleuve ou de vestiaire Et que vous relierez à certains souvenirs ? Mon présent, votre passé feraient une rencontre Improbable et jolie, vous en souviendrez-vous ? À quoi servent ces traits ces formes ces arômes Faut-il qu’ils soient utiles, à fins déterminées ? Les mots qui sont tracés imprimés, ces fantômes Sont-ils vraiment cadavres, simples testaments ? Équivoques, pudiques… Le décès incertain, le corps a disparu.

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Plis

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Poèmes Profession Cadavres Plis Funambule 2015 Méjan Excursion Plis Dans les plis de mes draps Dans ceux que font les pages De mes livres d’histoires Dans les plis de ta chair Tendres plis qui me grisent Cette fourche sacrée Dans les plis dérisoires De la matière grise Dans les plis de matière Où la lumière ondule Dans ces plissements d’elle Ballerine fragile Qui danse sous les branches Des  arbres millénaires Gardiens de nos mémoires Mailles fines du temps Dans les plis, les missives Que je n’attendrai plus Dans les plis où se terrent  mystères Où taire l’inconnu Dans les plis de ses lèvres Desseins de tant de rêves Les plis de ses regards Dans ces plis que j’égrène Des pétales volètent Au faîte de leur gloire Puis glissent jusqu’à terre Majestueusement.

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Funambule 2015

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Poèmes Profession Cadavres Plis Funambule 2015 Méjan Excursion Funambule 2015 Je glisse sur un fil La chute me dévisage Vers quel côté vais je tomber? À moins que le vertige Ne m’invite… À voler Dessous tout est là Sombre, multicolore, aigreurs Dessous tout s’invente, s’épuise En d’instables lourdeurs. Funambule, je glisse D’erreurs en erreurs…

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Méjan

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Poèmes Profession Cadavres Plis Funambule 2015 Méjan Excursion Méjan C’est parfois le chemin Qui taille qui serpente C’est parfois l’herbe haute Qui se courbe s’éprend De la terre séchée Du ciel clair désinvolte C’est parfois un automne Patient, qui prend son temps.   C’est parfois une odeur Légère, si peu de notes C’est surtout des caresses L’espace,  coeur en suspens.   C’est un monde de riens Qui m’emplit me délace C’est un monde qui laisse Aller le vent.   Jouer ! dans les hauteurs Jouer ! A la surface D’un monde qui apprend A voir vivre l’instant.

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Excursion

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Poèmes Profession Cadavres Plis Funambule 2015 Méjan Excursion Excursion Il a fallu grimper, pousser des portes invisibles Traverser des goulets des espaces encombrés Errer, tournicoter se perdre Dépasser quelques crêtes puis oser respirer.   Pouvoir dire bonjour au vent Hôte de ce plateau de carême Simplement vêtu d’herbes blêmes Qu’indiffère mon passage éphémère Mon pas, lourd à l’équilibre précaire.   Le chemin revêche se tortille En deça de la surface du sol Vers le coeur de la matière Vers la naissance du Temps.   Oser respirer, regarder, tendre l’oreille Sourire à la caresse du vent Laisser entre chaque seconde Toute sa place au temps. Entendre les battements Sentir le jaillissement du sang.   Dans le ciel l’oiseau aux vastes ailes Plane, fait des cercles Adepte et maître des courants. Dans les troupeaux, demandes et réponses Vibrent, résonnent comme un geste Un salut qui me rassénère Fraternité du vivant.   La nuit venue, les rêves créent leurs univers. Au matin, peut-être quelques passerelles Relieront tous ces mondes qui naissent Changent, meurent, souvent se réassemblent. Ici l’herbe et le vent dessinent Peignent, chantent Tandis que, rassuré je me blottis Nourrisson solitaire dans le creux de ma main.

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