Dialogues

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Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Dialogues Partir Un jour je serai grand​ Eh Partir « Vas-y, penche toi. Sans trop te soucier de ton choix, saisis quelque chose entre tes doigts. Cela peut être quelque chose sans substance, je veux dire pas matériel. Tu peux le faire avec ton imagination. Pas dans ton imaginaire dans un monde qui n’existe pas. Non. Avec ton imagination, dans un monde autre. Qui existe vraiment. Autrement. Ce n’est pas un fantasme, une simple rêverie inaccomplie, non. Avec l’imagination cela devient réellement quelque chose que tu peux prendre dans tes mains même si cela reste invisible aux yeux des autres. Mais presque tout ce qui nous entoure reste invisible à nos yeux. S’il nous prend l’envie d’en offrir le partage, il va alors falloir traduire avec des mots. De pauvres mots qui flottent dans l’air comme drapeaux dans le vent puis s’envolent au loin, recroquevillés, roulés en boules. Creux. Il y a trop de choses à prendre ! Ne prends pas alors. Cueilles. Cueilles délicatement puis repose. Et avant de reposer recueilles-toi. Voilà, c’est cela le silence, pas de mot. Plus de mot. Une page toute blanche qui peu à peu ondule ; se plisse, se chiffonne peut-être. Tu la déplies, la lisses. Elle est autre, comme fractionnée en de multiples petites cases. Tu peux déposer dans ces cases ce que tu voudras. Couleurs, symboles. Même des mots. Juste un mot par case, sans article, un mot tout nu. Brut. Une trace d’encre qu’il ne sait jamais demeurer tout à fait. Autre feuille, même chose. Et encore, encore. Puis, d’une feuille, fais une boulle que tu entoures d’une autre feuille, puis d’une autre. La boule se développe, prend du volume. Quand elle a la grosseur d’un gros poing, entoure-la de scotch pour ne pas qu’elle s’effiloche. Tu as une balle. Pas tout à fait ronde (je veux dire sphérique). Pas parfaitement. Mais est-ce important ? Non, bien sûr. Tu peux la faire sauter dans ta main. Elle tombe ? Tu peux donner un coup de pied dedans. Attention, elle est dure, ne vas pas casser une vitre. Si ? C’est ce qui est arrivé ? Et tu cours te réfugier dans ta chambre. Non, je sais ce n’est pas complètement ta chambre mais tant pis elle te fait refuge. Dehors, on te menace. Tu as fait une bêtise et tu as peur. Tu as tellement peur que tu as oublié la balle. Qu’est-elle devenue ? Des feuilles de papier ? Tant pis ? Tu n’en feras plus ? Tu ne donneras plus de coups de pied dedans de toute façon ? Que feras-tu alors ? Je m’installerai devant la fenêtre, regarderai au dehors. Loin. La rue, le ciel, le morceau – tout petit – de mer. J’entendrai les mouettes crier, verrai quelques personnes marcher, des voitures passer. Oui, et même sans t’en rendre compte, sans le savoir, tu rêverais. Mais, j’espère, pas d’une feuille plissée, d’une boule scotchée et d’un shoot mal placé. Pourtant, pourtant, petit bonhomme, cela tu ne saurais l’éviter à tout jamais. Alors je m’en irai. Où cela ? Ailleurs.

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Un jour je serai grand​

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Dialogues Partir Un jour je serai grand​ Eh Un jour je serai grand _ Un jour je serai grand _ Oui _ Et toi ? Tu seras là ? _ Quand tu m’inviteras à y être _ Et sinon, où est-ce que tu seras ? _ Le lieu n’est pas si important _ Qu’est-ce qui est important alors ? _ La forme _ Quelle forme auras-tu ? _ Celle qui doit être, le moment venu _ Moi, je serai grand _ Le moment venu.

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Eh

Menu Prose Dialogue « Haïku » Poème Dialogues Partir Un jour je serai grand​ Eh Eh _ Eh ! _ Oui, quoi ? _ Rien. _ Rien ? _ Rien. _ Ah. _ Pardon. Je voulais juste t’interpeller, avoir ton attention. Mais je n’ai rien à dire. _ Rien à dire ? _ Rien. _ Comment est-ce possible ? Peut-être trop à dire au contraire. _ Peut-être. Peut-être que je ne sais pas trier, décider. Choisir. _ Ah ; la question du « par quoi commencer ? » _ Sans doute, oui. Par quoi commencer… _ Par : « Eh !! » – Ça c’est avant le commencement. _ Si tu veux. Et alors, après c’est : « je n’ai rien à dire ». _ On dirait bien, oui. _ D’accord. Et qu’aimerais-tu avoir à dire ? _ La beauté de l’immensité du ciel, la profondeur d’un mètre carré de l’eau du fleuve que je vois passer lentement – et si vite  à la fois – les bleus, tous les bleus y compris  ceux de l’âme, les questions de la nuit étoilée de tous les temps, le parfum qui parmi d’autres me ramène au passé, la nostalgie et sa douceur, les romans, les poèmes écrits, dits, dessinés, rêvés, photographiés, filmés, peints, esquissés, inachevés, clamés, déclamés, jetés au vent, aux gouffres, à l’obscurité… L’étrangeté des rêves le matin au réveil, les désirs et sa peau, le galbe la douceur de vos seins, la douleur et la peine, l’instant qui, doucement, s’éteint et surtout, surtout, surtout ce qui devrait être à jamais notre but, notre horizon, notre cap, les rires d’une enfant. _ Une autre fois peut-être. _ Mais non, tant pis, le moment est passé. _ Alors, au-revoir. _ Eh ! _ Oui ? _ L’entends-tu ?

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