Cadavres

Je vous écris ce jour à la main à la mine

Et les mots qui défilent sont autant de morceaux

Des segments étriqués des courbes qui s’impriment

Sur une feuille blanche… Que vous lirez un jour ?

Peut-être ; je ne sais. Seront-ils égarés, ne sont-ils pas futiles ?

Et vous, si vous lisez, qui diable êtes-vous ?

Quelqu’un que je connais ? Que j’aimerais serrer

Fort, contre ma poitrine

Une amante, un ami, une inconnue qui chine

Entre objets cabossés et rêves nostalgiques

A moins que ce ne soit

Rêves cabossés et objets nostalgiques…

Peut-être sentirez vous cette odeur de poussière

Ces parfums d’océan de fleuve ou de vestiaire

Et que vous relierez à certains souvenirs ?

Mon présent, votre passé feraient une rencontre

Improbable et jolie, vous en souviendrez-vous ?

À quoi servent ces traits ces formes ces arômes

Faut-il qu’ils soient utiles, à fins déterminées ?

Les mots qui sont tracés imprimés, ces fantômes

Sont-ils vraiment cadavres, simples testaments ?

Équivoques, pudiques…

Le décès incertain, le corps a disparu.

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